Mikenjaku
La variété 'Mikenjaku' s'écrit 「眉間尺」en japonais.
- Les deux premiers idéogrammes, miken (眉間) désignent le milieu du front, la partie entre les sourcils,
- Le troisième idéogramme, shaku (尺) prononcé jaku lorsqu'il est précédé d'un autre mot, est une mesure linéraire équivalente à 30,3 cm, communément traduite en français par le "pied", cette unité de mesure que nous utilisions en France avant l'introduction du système métrique.
'Mikenjaku' peut ainsi être traduit par un "Shaku entre les sourcils".
En fait cette expression provient du surnom donné à un héros des légendes de la Chine ancienne, qui était de grande taille, avec un visage imposant caractérisé par un écart d'un shaku (30,3 cm) entre les sourcils.
Dans l'ouvrage chinois intitulé Soushen ji 搜神記 (À la recherche des esprits), qui est un recueil d'histoires étranges compilées au IVe siècle par Gan Bao, il s'agit du fils de Gan Jiang, un maître forgeron d'épées qui, après que son père ait été tué par le roi de Chu, apparaît dans le rêve de ce dernier pour jurer vengeance. Et lorsque le roi de Chu le regarda, l'espace entre ses sourcils mesurait un shaku. (Chu était un état de la dynastie Zhou de l'Ouest et des périodes des Printemps et Automne et des Royaumes combattants, établi sur le fleuve Yangzi, au sud des terres des Zhou. Ce territoire inclut la majeure partie des actuelles provinces chinoises du Hubei et du Hunan.)
Ce surnom peut également désigner un autre personnage de la Chine ancienne, Wu Zixu (559 à 484 avant notre ère), qui était un guerrier, un stratège et un homme politique du VIe siècle avant notre ère. Wu Zixu était né dans l'état de Chu, sous le règne du roi Ping. Son père fut victime d'un complot qui le condamna injustement à mort, lui et ses deux fils. Wu Zixu, qui était le cadet, se révolta et s'enfuit vers l'état de Wu, jurant de venger son père.
Au Japon, Mikenjaku apparaît dans le Konjaku monogatari shū, qui est une compilation de textes dits setsuwa (anecdotes), composée vers la fin du XIe siècle. Parmi ces anecdotes, il en est une qui raconte que : "Mikenjaku se coupa lui-même la tête avec son épée et la remit à son serviteur".
À la fin du XIVe siècle, dans le Taiheiki (Chronique de la grande paix), qui est un grand récit sur l'histoire du Japon, notamment sur les cinquante années de guerre allant de 1318 à 1368, il est question du décès d'un personnage de haut rang qui "mesurait cinq pieds de haut, avait une force équivalente à celle de cinq cents hommes, un visage de trois pieds de large et un entre-sourcils d'un pied ; c'est pourquoi les gens de l'époque l'appelèrent Mikenjaku".
Comme nous le comprenons à travers ces différentes références, Mikenjaku désigne donc un écart important entre les sourcils ou une personne présentant cette caractéristique.
Le nom de variété 'Mikenjaku' a été attribué à un Camellia japonica, à fleur double de couleur rose présentant des panachures de couleur blanche, qui fleurit au Japon entre le mois de mars et le mois de mai.
L'image qui accompagne cette notice provient de ce site japonais.